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October 26, 2005

Le fameux Web 2.0, qu’en est-il?

Marc-André Brouillard m’a fait parvenir ces questions pour un reportage qu’il réalise sur le Web 2.0. Voici quelques-unes des réponses (légèrement retouchées) que je lui ai envoyées:

1. Le Web 2.0 traduit un ensemble de phénomènes. Comment décririez-vous ces phénomènes ?

Essentiellement, ce qui émerge peut se résumer par la phrase: “de nouvelles opportunités de connexions”.

  • au niveau des programmes: les applications Web ne fonctionnent plus en vase clos, elles savent qu’elles existent dans un espace public et apprennent à coopérer avec d’autres applications. On assiste à l’émergence des applications de type “mashup”, qui combinent les données fournies par plusieurs autres services pour créer quelque chose de nouveau. Voir e.g. geobloggers.com, qui combine le service de cartes Google Maps et le système de partage de photos Flickr pour permettre de naviguer les photos de Flickr sur une base géographique. Exemple: Montréal
  • au niveau des personnes: on passe de la publication à un sens à la publication à deux sens à très faible coût donc accessible à tous; dans l’assiette de consommation médias, les médias de masse cèdent une partie de l’attention aux médias Web 2.0. Il devient possible à tout le monde de signaler publiquement son intérêt pour le texte X ou la photo Y (grâce à des systèmes comme les carnets web (weblogs), et les linklogs comme del.icio.us ou furl.net). Ceci permet à tout un chacun de se faire connaître (et souvent reconnaître) sans avoir à passer directement par le filtre parfois conservateur des institutions établies. Une sorte de propagation virale des idées et des contenus se fait, d’usager à usager.

2. Considérez-vous effectivement que ces phénomènes sont présents et qu’il faille mettre un nom sur ces phénomènes ?

Oui; peut-être que plusieurs noms feraient un meilleur boulot.

3.Que pensez-vous d’ailleurs du terme Web 2.0 ?

Le vocable est utile pour signaler le bouillonnement d’intérêt, de visions, d’activité et d’innovation auquel on assiste depuis quelques années dans l’espace Web. Je pense qu’à l’issue de cette transition la conception que les développeurs et la population en général se fait du Web aura effectivement changé significativement de ce qu’elle était au tournant du millénaire.

4. Pourriez-vous me donner un exemple d’application Web 2.0 que risquent d’adopter les entreprises dans un proche avenir ?

Les wikis, vous connaissez? C’est un outil léger qui facilite la communication et la collaboration en groupe, essentiellement en fournissant une façon ridiculement simple de mettre à jour des pages Web - chaque page est dotée d’un bouton “Éditer cette page”, permettant à tout visiteur autorisé de la modifier. Les applications possibles du wiki abondent. Par exemple, c’est une bonne façon d’organiser un intranet corporatif: en rendant l’édition largement accessible, l’intranet devient beaucoup plus dynamique et à jour.

Je reviens tout juste du premier symposium international sur les wikis qui rassemblait près d’une centaine de participants, et le sentiment général est que l’utilisation du wiki en entreprise est rapidement en train de devenir très répandue. C’est déjà le cas dans les compagnies de technologie - par exemple, le fonctionnement interne de Google est pratiquement fondé sur un ensemble de wikis, comme nous l’a appris Shashi Seth (Lead Product Manager, Google Search) au symposium.

5. Quel avantage devrait tirer une entreprise du Web 2.0 ?

La question est plutôt générale; ma réponse le sera donc aussi.

La clé réside dans les connexions. Le fonctionnement d’une entreprise repose sur le réseau des relations qu’elle établit avec ses partenaires, clients, etc. Le Web 2.0 fournit de nouvelles façons de renforcer les relations existantes et d’en établir de nouvelles. Il permet à une entreprise de tirer profit de l’intelligence collective de ses employés et de ses clients, en provoquant des conversations et en donnant plus de chance aux observations et aux bonnes idées, peu importe leur origine, d’influencer les prises de décision.

6. Quel impact l’approche participative et sociale, caractéristique du Web 2.0, annonce t’elle de positif pour la société ?

La liberté de presse ne s’applique vraiment qu’à ceux qui possèdent une presse. En rendant la publication accessible au plus grand nombre, on permet à plus d’idées de circuler librement, ce qui résulte en des citoyens mieux informés et catalyse l’innovation. Sur le plan personnel, le Web 2.0 crée un nouvel espace social qui permet la rencontre de nouvelles personnes qui peuvent éventuellement devenir
partenaires, mentors, amis, etc.

7. Quel usage du Web devrait-il se répandre dans un proche avenir ?

Trop pour les énumérer. À part le wiki, peut-être ce que j’appelle le linklogging et que d’autres appellent social bookmarking, qui permet en un seul clic de partager un lien intéressant et de surveiller les liens signalés par les membres de son réseau personnel.

8. Pour vous, quels sont les sites qui définissent le mieux l’esprit Web 2.0 ?

Flickr.com, Wikipedia - le groupe d’encyclopédies wiki, Webjay.org.

9. Pour terminer, quelle image décrit le mieux le Web 2.0 ?

Celle-ci est assez emblématique: elle montre les contenus produits par les usagers, la classification libre (folksonomy), et les usagers eux-mêmes, en plus d’être incompréhensible mais néanmoins intrigante et attirante pour les non-initiés! (L’image est tirée de FlickrGraph, une application permettant de naviguer à travers le réseau des usagers de Flickr. Essayez-la, c’est amusant!)
flickr graph

October 24, 2005

Jean-Thomas Jobin hier

Je n’ai pas ri d’un bout à l’autre, mais c’est quand même un tour de force de tenir un show de deux heures sans faire une bonne joke au sens traditionnel du terme. Spectacle déjanté, rafraîchissant et déconcertant en même temps.

J-T Jobin Sur voir.ca on le compare à un cours de philo drôle, c’est un peu ça. Sur scène il explique qu’il a tendance à décortiquer. Effectivement, je pense qu’une partie de la recette Jobin consiste à remarquer, analyser et rapporter des idées anodines mais imaginatives qui affleurent normalement à peine à la conscience. Le genre d’idée qui séduit par son étrangeté et qu’on surprend parfois un enfant à articuler lors d’un moment calme. Je vous en raconterais bien une mais je ne veux pas vous voler le plaisir de l’entendre sortir de la bouche de son auteur.

En bref, un show d’humour pas comme les autres. Vous êtes allé? D’autres réactions? Commentaires bienvenus!

Blogamundo, pour relier les blogosphères

Tiens, un outil qui pourrait plaire aux traducteurs en série de ce monde… (Xtof!)

Blogamundo (en développement, stade pré-alpha) est “un aggrégateur, éditeur de traduction, et système de republication conçu pour faciliter l’organisation de la traduction sur le Web.” Quelques captures d’écran ici.

Blogue ou forum?

Martin Benny, dans un commentaire au carnet d’André Boisclair (pas de permalien pour les commentaires; cherchez “Benny”):

Ce blogue comporte de belles contributions, mais ça se perd rapidement dans la mer d’informations trop peu structurées. C’est dommage et personnellement ça diminue beaucoup mon intérêt à y participer.

Pour construire ensemble un dialogue articulé qui permet d’approfondir la réflexion, il serait important d’adopter un système permettant de gérer efficacement la communication. Actuellement, les commentaires des participants sont classés en lien avec le dernier message de M. Boisclair, ce qui n’a généralement rien à voir avec les sujets abordés par les participants. C’est simplement une coïncidence temporelle qui fait qu’un message se retrouve à un endroit où à un autre. Après quelques jours, ça devient presque décourageant de chercher les suites d’une discussion.

En somme, il faudrait un système favorisant les échanges de fond et une bonne “mémoire” collective assistée par le blogue (ou un forum). Sinon certains commentaires brillants et intéressants sont presque assurés de tomber dans l’oubli après le prochain message de M. Boisclair (parce qu’ils seront relégués plus loin où presque personne n’ira).

La personne moyenne qui arrive sur le blogue ne lira certainement pas des centaines de messages pour trouver ce qu’elle cherche. Sans classement par thème, elle ne trouvera pas ce qui l’intéresse et risque de se désintéresser. Qu’en pensez-vous? Suis-je le seul à penser ainsi?

Le doigt en plein dessus. Ma réponse instinctive serait de mettre en place un wiki, mais j’ai deux réserves: en raison du caractère contentieux des sujets abordés, on risquerait d’assister rapidement à des guerres d’édition; et les wikis ne sont pas encore instantanément compréhensibles au commun des mortels, ce qui limiterait la participation — bien qu’une application de ce genre puisse fournir une motivation suffisante pour s’initier au wiki.

En dehors du forum/babillard traditionnel réclamé (et reçu) par plusieurs participants sur le blogue de Boisclair, deux modèles employés chez nos voisins du Sud viennent à l’esprit: le blogue multi-usagers, comme Deanspace (fermé pour l’instant) ou la communauté de weblogs Daily Kos Diaries; et du côté wiki, l’encyclopédie de gauche dKosopedia. Couplée à un système de tags (mots-étiquettes) pour la classification et l’organisation, une communauté de blogues me semblerait un choix approprié, permettant de suivre les discussions soit par thème ou par auteur, au choix.

Des systèmes open-source comme elgg et drupal devraient faire le boulot assez bien à ce niveau.

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